Aire de repos: le phénomène du couchsurfing (2ème partie)

Le couchsurfing c’est de l’auto-stop. Là où le conducteur stoppe son véhicule pour accueillir des routards et les conduire sur quelques kilomètres, l’hôte reçoit le couchsurfer pour un moment. Comme ça, par pur désintéressement, par goût pour les rencontres, pour discuter, pour ne pas être seul, pour avoir de l’animation et pouvoir partager ses connaissances…

Glenn et Steve, couple de quinquagénaires anglais, confie: « Ce qui nous était arrivé occasionnellement par le passé, les opportunités de passer du temps avec les locaux, le couchsurfing l’a multiplié. » Lukas est hollandais et vit en colocation à Tilburg. La maison qu’il partage peut accueillir six couchsurfers en même temps. C’est devenu pour lui un véritable mode de vie. « Nous recevons des gens du monde entier qui cherchent un endroit où passer une ou plusieurs nuits. » Selon lui, passer du temps avec les locaux est une bien meilleure façon de découvrir une ville que s’en tenir aux guides touristiques : « les locaux savent toujours où aller, où trouver la meilleure table, et où entrer en contact avec la véritable culture d’un lieu ». Lucas ajoute qu’avec le couchsurfing on a l’équivalent d’un chez-soi, qu’il oppose à la froideur d’un hôtel ou d’une auberge de jeunesse. C’est aussi l’impression qu’en a Ece, une étudiante turque. Ece aime tellement les voyages qu’elle prévoit de devenir hôtesse de l’air. Elle aussi ouvre sa porte aux couchsurfers du monde entier. « Je préférerai toujours le couchsurfing même à un hôtel cinq étoiles !» affirme-t-elle. Elle évoque sa première expérience du couchsurfing en tant que voyageuse, chez une jeune fille très prévenante et agréable. Elle qui avait eu du mal à expliquer cette démarche à sa famille anxieuse de la voir partir de cette façon a immédiatement eu de quoi la rassurer. Et des anecdotes, Ece en a plein ses tiroirs. Elle parle de ce géant qui lui avait prêté son vélo pour qu’elle puisse découvrir Amsterdam, de cette nuit très froide en Autriche où elle et ses hôtes avaient du faire lit commun, de cette fille qui lui avait cédé sa place sur le terrain lors d’un match de foot pour qu’elle puisse y participer…  Lukas quant à lui se souvient de cette mère de deux jeunes enfants, qui l’avait reçu, lui et quatre de ses amis lors d’un road-trip au ‘Benelux’. Elle passait son temps libre à parcourir le monde avec ses enfants, pour qui laisser de parfaits étrangers entrer chez eux était devenu habituel. C’est à partir de cette rencontre que Lucas s’est décidé à faire du couchsurfing sa philosophie de vie. « Ça permet de rencontrer tellement de personnes, d’horizons tellement variés, chacun avec sa vision des choses ! Ça a beaucoup enrichi ma vie, et ça va continuer… ». L’auto-stop a de beaux jours devant lui, sur route comme sur canapé !

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